(Ci-dessus : texte de présentation collé au mur)
Des corps et des objets dans un mouvement collectif périlleux.
Des images animées suivant la pellicule d'un film absurde...
Le temps, en suspens…
Bonjour,
Je ne suis pas né loin d'ici mais juste de l'autre côté de Paris.
Cela fait donc 30 ans que je déménage par là mais aussi par ici.
Et, c'est avec mes 10 doigts que, ce petit texte de présentation, j'écris.
Nous sommes le 17 janvier 2012, il est 21h58 à Solenzara.
Un peu de prose ce soir pour les étoiles qui ne tarderont pas a être verte…
Si j'ouvrais ma porte-fenêtre, j'entendrais peut être rouler la mer, seule dans le noir…
De 2003 à 2008, j'ai passé mon temps dans une école d'art en Haute Savoie et je me
demande encore en quoi cela m'a été positif comme négatif... À la fin de mes études,
j'ai noté dans un petit carnet, que la condition pour être artiste serait de savoir se sortir
de son propre système… Après ça je me suis installé à Marseille avec deux compères
issus de ma promo. On a fait des expos chez nous et ailleurs. On a fait comme on a pu
et comme essaient de le faire celles et ceux qui sont curieux, motivés mais surtout
comme celles et ceux qui ont foi en l'art et la culture comme un moyen de rencontrer la
vie… D'accord, on a aussi beaucoup fait la fête !
L'autre jour j'ai reçu dans ma boite mail un questionnaire lié à l'insertion des étudiants
issus des écoles d'art. Parallèlement, sur le site de France culture, je consulte un
dossier dont le sujet porte sur la professionnalisation des artistes…
Doivent-ils apprendre leur métier ?
Là, je pense à Adel Abdessemed qui a démissionné et aux photos de puzzles de Vik
Muniz… Je pense au marché de l'art, je pense aux institutions publiques, à tout ce
système… Ça me fascine comme me fatigue…
Puis, je pense à Roman Signer, à Bruce Nauman, à Robert Filliou…
Un ami écrivait à la craie sur les murs de l'école : "sauvez les ouvriers des outils".
Sauver l'art du monde de l'art ?
En ce qui me concerne, je gagne actuellement ma vie en tant que chef monteur au
sein d'une société de production audiovisuelle et conserve la possibilité de faire des
choses, de créer, de jouer avec l'idée d'être en équilibre sur un fil. Ce même fil duquel
je peux descendre, remonter ou encore que je peux tisser avec d'autres…
La pièce ici présentée est issue d'une performance réalisée en Mai 2010 sur la façade
d'un immeuble du centre ville de Marseille. Une amie a témoigné après la
performance : on ne savait pas s'il s'agissait d'une sorte de braquage ou d'un
improbable sauvetage…
Youri Cayron